TD de littérature comparée S2

TD de littérature comparée S2
Licence LettresParcours Lettres modernes

Catalogue2025-2026

Description

LT23BM56 – Travaux dirigés [Groupes 1 à 4]
Groupe 1 : Mme VICTOROFF 
Les apprentis sorciers
Le formidable développement des sciences depuis trois siècles a pu faire rêver à une maitrise du vivant par l’homme, voire à une « amélioration » biologique et morale de l’être humain. Les œuvres que nous nous proposons d’étudier explorent les conséquences de cette perspective et s’interrogent sur la notion d’humanité.
Œuvres :
Shelley, Frankenstein, Gallimard/FolioPlus
Boulgakov, Cœur de chien, Le Livre de poche
Goethe, Faust I et II, Flammarion/GF
Références :
Lecourt, D., 1996, Prométhée, Faust, Frankenstein. Fondements imaginaires de l’éthique, Les Empêcheurs de penser en rond
Lecercle, J.-J., 1998, Frankenstein : mythe et philosophie, PUF/Philosophies

Groupe 2 : Mme ARSICH

Le théâtre du pouvoir shakespearien : sources, adaptations, postérités 

Qu’ont en commun un magicien reclus sur une île et un monarque qui sème la terreur en Angleterre du XVe siècle ? Les deux personnages – le duc de Gloucester, le héros de Richard III (1597), et Prospéro, le protagoniste de La Tempête (1610-1611) – font partie de l'univers théâtral de William Shakespeare. Tout semble opposer les deux œuvres : tandis que Richard III est une tragédie macabre, qui fait partie d’un vaste cycle dramaturgique que Shakespeare consacre à la guerre des Deux-Roses, La Tempête est une comédie proche du conte enchanté, dépourvue d'allusions explicites à l'Histoire. Pourtant, la représentation sombre et désabusée du pouvoir – tant politique que familial – traverse en filigrane les deux textes, s'incarnant dans les figures du roi fratricide et usurpateur (Richard III) et du prince autoritaire, dont le trône a été usurpé et qui rêve de vengeance (Prospéro).

Le TD, qui complète le cours magistral de littérature comparée du second semestre (S2), permet d’approfondir son programme des lectures, en plongeant dans les textes shakespeariens et leurs multiples réactualisations. Une place importante sera dédiée aux mises en scènes et aux adaptations cinématographiques récentes (v. la bibliographie), ainsi qu’aux réécritures littéraires. En pratiquant l’exercice du commentaire composé et du commentaire comparé, nous aborderons deux pièces qui réactualisent le personnage de Richard III afin de déployer une méditation historique et philosophique sur le pouvoir : Le Convive de pierre (1872) du poète russe Alexandre Pouchkine et la Résistible ascension d’Arturo Ui du dramaturge allemand Bertolt Brecht. Or, tout comme Richard III permet à ces auteurs de réfléchir sur les réalités politiques de leur temps, La Tempête donne également lieu à des relectures renseignées par l’Histoire : le recueil poétique Ariel (1965) de la poétesse nord-américaine Sylvia Plath et la pièce Une Tempête (1969) de l’écrivain francophone Aimé Césaire font écho à la décolonisation et à l’accélération de la libération de la femme.

Bibliographie
Travaux obligatoires durant le semestre :

1. - William Shakespeare, Richard III, 1597, édition bilingue au choix.
OU
- William Shakespeare,  The Tempest [La Tempête] (1610-11), édition bilingue, trad. par Pierre Leyris, Paris, GF, 1991.

2.     Une œuvre (au choix) de la liste suivante :

- Aimé Césaire, Une Tempête (1969), toute édition (si vous choisissez La Tempête).
- Sylvia Plath, Ariel (1965), trad. par Valérie Rouzeau, NRF/Gallimard, 2011 (si vous choisissez La Tempête).
- Bertolt Brecht, La Résistible ascension d’Arturo Ui (1959), toute édition (si vous choisissez Richard III).
- Alexandre Pouchkine, Le Convive de pierre (1830), in Le Convive de pierre et autres scènes dramatiques, trad. par André Markowicz, Actes Sud, 2006 (si vous choisissez Richard III).

3.      Un film ou une mise en scène théâtrale de la liste suivante :
- Richard Loncraine, Richard III, 1995.
- Thomas Ostermeier, Richard III, 2015.
- Julie Taymor, The Tempest [La Tempête], 2010.

Pour aller plus loin : 

- Yves Bonnefoy, Shakespeare : théâtre et poésie, Gallimard, 2014.
- Jan Kott, Shakespeare notre contemporain, trad. Anna Posner, Verviers, Marabout-université, 1965.
- Edward Saïd, Culture et impérialisme [Culture and Imperialism] (1993), "Thèmes de la résistance culturelle", trad. de Paul Chemla, Paris, Fayard, 2000.
- Stendhal, Racine et Shakespeare, 1825, toute édition.

Groupe 3 : Mme GERARD
 Représentations du travail, entre fiction et témoignage

Si notre civilisation élève le travail au rang le plus élevé des activités humaines, celui-ci devient, surtout depuis les années 1980, une préoccupation majeure en littérature. À notre époque, où ses modalités sont toujours en pleine mutation, ce cours visera à interroger les représentations du travail dans des œuvres qui relèvent de la fiction ou du récit autobiographique à valeur de témoignage : Martin Eden (1909) de Jack London, Une trop bruyante solitude (1976) de Bohumil Hrabal, et L’Établi (1978) de Robert Linhart. Quelles sont les formes littéraires utilisées pour dire le travail, notamment sa pénibilité ? Dans un environnement peu soucieux de ses travailleurs et où prédomine souvent la machine, quelle entreprise critique peut mener l’art ? Enfin, comment d’autres activités peuvent-elles apparaître comme des espaces de création, de liberté, voire des échappées ?

Œuvres au programme
-Martin Eden (1909), Jack London, Paris, Phébus, coll. « Libretto ».
-Une trop bruyante solitude (1976), Bohumil Hrabal, Paris, Robert Laffont, coll. « Pavillons poche ».
-L’Établi (1978), Robert Linhart, Éditions de Minuit.

Pour aller plus loin :

- Stéphane Bikialo et Jean-Paul Engélibert (dir.), Dire le travail. Fiction et témoignage depuis 1990, Rennes, PU Rennes, 2013.

- Corine Grenouillet, Usines en textes, écritures au travail. Témoigner du travail au tournant du XXIe siècle, Paris, Classiques Garnier, coll. « Études de littérature des XXe et XXIe siècles, 2015.

Groupe 4 : Mme Meyer

 Paris littéraire, vu par des émigrés

Ce cours vise à étudier deux ouvrages ayant pour cadre (et peut-être même pour personnage ?) la ville de Paris, à travers le point de vue de deux auteurs émigrés. Le premier livre que nous étudierons, Un Afghan à Paris, de Mahmud Nasimi est l’autobiographie de l’auteur, et relate son parcours de demandeur d’asile dans une ville qui lui est hostile, mais où il découvre la littérature française au détour d’une promenade au cimetière du Père Lachaise. Le second, Chemins nocturnes de Gaïto Gazdanov est un roman autobiographique qui relate le Paris nocturne d’un émigré russe devenu chauffeur de taxi pour survivre.

On étudiera donc ce « Paris littéraire » sur deux plans : d’une part, sur le plan des représentations et topoï littéraires. On verra comment les auteurs du corpus s’inscrivent dans une tradition littéraire qui vise à représenter Paris comme une Babylone moderne, tantôt « ville lumière », tantôt ville décadente. D’autre part, on s’intéressera à l’aspect sociolittéraire de Paris, comme lieu de sociabilité des artistes, et en particulier des artistes étranger.ères. La capitale française a en effet été, et reste, un haut lieu de la vie culturelle de différentes diasporas (que retrace en partie la récente exposition « Paris noir – Circulations artistiques et luttes anticoloniales », qui s’est tenue au Centre Pompidou en 2025). Paris littéraire donc, comme inspiration pour des auteurs et autrices étranger.ères, et comme lieu de création et de rencontre de ces auteurs et autrices.

Corpus :

Mahmud Nasimi, Un Afghan à Paris (éd. du Palais, 2021)

Gaïto Gazdanov, Chemins nocturnes (éd. Viviane Hamy, 2008)

Références :

Paris et le phénomène des capitales littéraires, Paris, Presse de l’Université de Paris-Sorbonne, 1984

Roger Caillois, « Paris, mythe moderne », in Mythe et l’homme, Gallimard, 1938 (rééd. Folio Essai, n 56, 1987)

Pierre Brunel, « Paris », in Dictionnaire des mythes d’aujourd’hui (sous dir. de Pierre Brunel), Ed. Rocher, 1999, p. 608-615

MCC

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Régime d'évaluation
ECI (Évaluation continue intégrale)
Coefficient
2.0

Évaluation initiale / Session principale - Épreuves

LibelléType d'évaluationNature de l'épreuveDurée (en minutes)Coéfficient de l'épreuveNote éliminatoire de l'épreuveNote reportée en session 2
Epreuve orale
SCEO151.00
Epreuve écrite
ACET2402.00