Littérature et sciences humaines S2

Littérature et sciences humaines S2
Licence LettresParcours Lettres classiques

Catalogue2025-2026

Description

Cours de M. FELDER

Science-fiction et sciences humaines

La science-fiction, dès son nom, proposé par Hugo Gernsback en 1926 (« scientifiction », puis « science fiction »), apparaît comme un domaine consacré à l’extrapolation scientifique. Mais de quelles sciences parle-t-on ? Si les sciences « dures » telles que les mathématiques ou la physique viennent tout de suite à l’esprit quand on pense à la « hard science fiction » qui mobilise les connaissances précises et rigoureuses des auteurs, parfois ingénieurs ou scientifiques, ou encore les sciences naturelles, qui interviennent dans les récits d’exploration d’un monde étranger, la science-fiction repose tout autant sur les sciences humaines. Selon Darko Suvin dans Metamorphoses of Science Fiction : on the poetics and history of a literary genre, les sciences humaines seraient même plus déterminantes que les sciences dures dans la création des œuvres les plus remarquables du domaine : en représentant un ailleurs temporel ou géographique, elles s’interrogent avant tout sur des modèles de société.

À partir d’une sélection de romans français et anglophones qui nous permettront de retracer les grandes lignes de l’histoire littéraire de ce domaine, nous étudierons la façon dont la science-fiction s’empare des disciplines que sont la sociologie, l’ethnologie, la linguistique, ou encore l’histoire et la géographie, pour les appliquer à des situations relevant de l’imaginaire et ainsi créer des récits passionnants. Malgré l’apparent paradoxe d’une science employée à l’étude d’un peuple ou d’un territoire imaginaire, il apparaîtra que le détour par la fiction et l’extrapolation, bien loin de créer un écart occultant, est en fait un outil puissant pour évoquer nos propres réalités.

Le programme sera composé de quatre romans à lire dans leur intégralité au cours du semestre. Les romans seront étudiés l’un après l’autre dans leur ordre chronologique de parution, il n’est pas obligatoire de les avoir lus dès le début du semestre.

- Herbert George Wells, La Machine à explorer le temps [1895], Paris, Gallimard, coll. « FolioSF », 2016 OU 2019

- René Barjavel, Le Voyageur imprudent [1944], Paris, Gallimard, coll. « Collection Folio », no 485. (Plusieurs rééditions récentes dans cette collection : elles conviennent toutes).

- Pierre Boulle, La Planète des singes [1963], Paris, Presses Pocket, n°1867, 2017 OU 2023.

- Ursula Le Guin, Le dit d’Aka suivi de Le Nom du monde est forêt [2000], Paris, Le Livre de poche, 2005.

Cours de Madame PASTOR

Écrire et militer : faire de la politique en littérature (XIXe-XXe siècles)

Le XIXe siècle signe l’avènement des mouvements sociaux. Dans ce cours, on s’intéressera plus particulièrement à l’anarchisme. Mouvement sociopolitique souvent qualifié de radical et qui peut autant appartenir à la « gauche » qu’à la « droite », l’anarchisme a été théorisé par des militant·es qui ont produit de nombreux discours théoriques sur la littérature. Valorisant tantôt l’art social, tantôt l’art pour l’art, les anarchistes considèrent la littérature comme un lieu de production et de diffusion des savoirs. Les militant·es manient ainsi dans leurs fictions des connaissances historiques, anthropologiques ou encore géographiques pour tenter de faire éclater les dictats par l’écriture. Avec eux, la littérature fictionnelle est à regarder comme un étendard idéologique, et la fiction se fait rapport sociohistorique, discours politique ou document de propagande. Que disent les militant·es de la littérature et de sa fonction sociale ? Comment articuler art, sociologie et politique ? De quelle manière la parole politique est-elle fictionnalisée ? En quoi une fiction peut-elle produire un savoir sociologique ? 
NB : Dans ce cours, on se concentrera sur des extraits d’œuvres « canoniques » : Les Misérables et Quatrevingt-treize de Victor Hugo ainsi que Paris d’Émile Zola, deux écrivains qui ne sont pas sans lien avec l’anarchisme. On se penchera également sur des écrits moins connus, ou « mineurs », comme Le Jardin des supplices d’Octave Mirbeau, La Misère de Louise Michel ou encore L’Homme-Fourmi d’Han Ryner. 
 ! Il n’est pas nécessaire d’acheter les œuvres : tous les textes seront distribués en cours !

Disciplines

  • Littératures comparées

MCC

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Régime d'évaluation
ECI (Évaluation continue intégrale)
Coefficient
1.0

Évaluation initiale / Session principale - Épreuves

LibelléType d'évaluationNature de l'épreuveDurée (en minutes)Coéfficient de l'épreuveNote éliminatoire de l'épreuveNote reportée en session 2
Epreuve écrite
ACET1202
Epreuve écrite ou oraleÉpreuve écrite de 30 ou de 60 minutes ou épreuve orale de 10 ou de 20 minutes
SCA1