CM Éthique et politique
Master LettresParcours Lethica (Littératures, éthique et arts)
Description
Cours de Master
Penser la démocratie dans l’Athènes classique
La Grèce antique a été le lieu de l’élaboration de la démocratie en même temps que de ses premières critiques, d’autant plus que le système démocratique implique la liberté de parole, si bien que la critique de la démocratie est elle-même un exercice démocratique qui ne signe pas d’emblée une hostilité à ce type de constitution. Si l’on se focalise généralement sur la figure de Platon érigé en pourfendeur de la démocratie, on oublie commodément, d’une part, que le philosophe a tout autant critiqué l’oligarchie et la noblesse de son temps, d’autre part, que la critique de la démocratie émanait aussi d’autres figures éminentes, antérieures à Platon (Thucydide, Aristophane…) ou contemporaines et postérieures (Isocrate, Démosthène, Aristote…) et surtout des citoyens eux-mêmes. Le séminaire commencera par rappeler avec précision le fonctionnement des institutions athéniennes, puis envisagera les différents points d’application de la critique (tant pour son versant négatif que pour son versant positif et valorisant), à partir de textes philosophiques et extra-philosophiques. On dénouera ainsi quelques idées reçues et simplifiées qu’on peut trouver chez les philosophes contemporains, et on approfondira un certain nombre de problématiques, comme la place des lois en démocratie et le problème de l’anomie et de l’eunomie, la question de l’opinion et du savoir, le rôle de la philia comme lien social, le rapport à la guerre et la compénétration du statut de citoyen et de soldat, les réalités de la guerre civile et les visées pacificatrices internes à la démocratie, la prégnance d’une idéologie d’origine aristocratique à travers la notion d’aretè (vertu, excellence), l’articulation entre l’exigence morale et la prétention à exercer un rôle de premier plan sur la scène politique, le travail et le loisir, l’isonomie, la liberté de parole, la fonction des cultes rendus aux dieux, etc. La première moitié des séances consistera en un cours magistral, la seconde moitié en exposés d’étudiant·es sur des thèmes liés à la démocratie à travers les siècles. Ces exposés permettront de valider le séminaire (avec possibilité de passer un oral individuel séparé à la place, si cela est préféré par l’étudiant·e).
Bibliographie
Bibliographie initiale (complétée en début de semestre, avec précision d’extraits)
Aristophane, Comédies, notamment Les Guêpes (dans le tome II), Les Oiseaux (t. III), L’Assemblée des femmes (t. V), texte et trad. par H. Van Daele, Paris, Les Belles Lettres, 1923 sqq.
Aristote, Politique, texte et trad. par J. Aubonnet, Les Belles Lettres, CUF, 1960 / Les Politiques, trad. P. Pellegrin, GF Flammarion, 1993.
Démosthène, Sur la couronne, texte et trad. par G. Mathieu, Les Belles Lettres, CUF, 1947.
Platon, Le Politique, trad. M. Dixsaut et alii, Paris, Vrin, 2018.
Platon, Le Politique, trad. M. Dixsaut et alii, Paris, Vrin, 2018.
Platon, Les Lois, 2 volumes, trad. par Luc Brisson et Jean-François Pradeau, Paris, GF Flammarion, 2006.
Platon, La République, trad. L. Robin, Gallimard, Pléiade, 1950, ou trad. G. Leroux, GF Flammarion, 2002.
Thucydide, La Guerre du Péloponnèse, texte et trad. par J. de Romilly, Les Belles Lettres, CUF, 1953 sqq.
Études et ouvrages contemporains
Arendt Hannah, Condition de l’homme moderne, trad. G. Fradier, Calmann-Lévy, 1983.
Merker Anne, Le principe de l’action humaine selon Démosthène et Aristote. Hairesis – Prohairesis, Paris, Les Belles Lettres, 2016.
Mogens H. Hansen, La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène. Structure, principes et idéologie, Paris, Les Belles Lettres, 2003.
Rancière Jacques, La haine de la démocratie, Paris, La Fabrique, 2005.
D’autres références bibliographiques pour des études portant sur des points précis seront indiquées au fil du semestre.